Petit film amateur hollandais où l’on suit le quotidien de Matthijs, un autiste qui livre avec franchise ses doutes, ses questions, ses problèmes..
Cet autiste est un hyperactif, parfois colérique, doué d’une imagination débordante :
– il a mis en place son propre système de datation avec un code à 3 lettres.
– il a un journal intime qui fait plus de 8000 pages
– il fait des enregistrements sauvages de conversations téléphoniques qu’il collectionne pour mieux « analyser le sens des mots »
– il souhaite complètement refaire son appartement, et s’est attaqué lui même aux canalisations mais les travaux stagnent. (il a pris l’habitude d’aller prendre des douches chez sa voisine..) Son appartement est à l’image de sa tête : tout s’entasse, c’est dur de mettre de l’ordre.
Je vis dans un monde chaotique, je me perds en détails que je ne peux résoudre. La colère m’envahit. Reflechir me fait mal..
On retiendra les incessantes questions qui l’obsèdent, et sa médication qui ne l’empêche pourtant pas d’avoir des sautes d’humeur, des accès de colères qui peuvent faire peur aux personnes qui ne le connaissent pas.
Mais il n’est pourtant pas dangereux. Son aspiration principale est de vivre en paix dans son appartement, mais cette stabilité qui lui est indispensable est remise en cause : ses travaux nuisent à la copropriété et une procédure d’expulsion est en cours.
Les non-autistes ont une fonction qui leur donne une vue d’ensemble, et de l’intuition. Un autiste doit faire tout ça tout seul..
Le film est réalisé par son ami d’enfance Marc Schmidt. On sent que les hommes avaient une relation privilégiée, une relation de confiance, qui a permis à Matthys d’accepter la présence de la caméra.
Des images qui nous permettent de ressentir nous aussi de l’affection pour ce Matthijs, et d’être attristé par son sort..
critique publiée sur https://boulimiedeculture.wordpress.com/2015/09/24/les-lois-de-matthieu/