Réalisé par Karl Freund, qui, bien qu'il ait dirigé aussi le mythique "La Momie" avec Boris Karloff, est plus célèbre pour sa carrière de directeur de la photographie que de cinéaste, "Les Mains d'Orlac" réserve quelques beaux moments et une interprétation d'acteur mémorable mais s'avère au final assez inégal.
Parmi les beaux moments, on peut y compter une représentation théâtrale saisissante autour de la torture ou encore une exécution capitale bien à la française, donc avec la "Veuve", non montrée (censure de l'époque oblige !!!) mais froidement suggérée (on sent bien pendant ces scènes le métier d'un homme qui a travaillé pour des géants comme Fritz Lang et Murnau !!!). Peter Lorre quant à lui est grandiose dans le rôle d'un médecin fou psychopathe. C'est sans conteste une des meilleures interprétations de toute sa carrière.
Si quelques seconds rôles à l'instar de la gouvernante pochtronne ou du journaliste qui fourre son nez partout arrivent à se distinguer et à ne pas se faire écraser par Lorre, ce n'est pas le cas par contre de Frances Drake, qui en fait des tonnes dans les séquences d'émotion, et de, grande déception surtout quand on a vu de quoi il était capable dans "Frankenstein" et "La Fiancée de Frankenstein" de James Whale, Colin Clive dont le talent est ici sous-exploité tout comme le grand potentiel de son personnage.
Le tout se regarde avec un intérêt soutenu du début jusqu'à la fin mais on sent tout de même qu'on aurait pu toucher (sans mauvais jeu de mots !!!) au véritable classique et que le réalisateur est passé à côté de quelque chose.