Dans ce film qui reprend les codes du film noir, le réalisateur esquisse aussi le portrait de groupes en marge de la ville et de la société. Avec Les Meutes, Kamal Lazraq opère une immersion totale au cœur des activités clandestines des personnages: d’une station-service désaffectée à la maison opulente d’un riche client, un monde parallèle se dessine en marge des conventions, avec ses propres codes et dangers. La splendide photographie d’Amine Berrada, qui avait notamment réalisé celle de Banel et Adama, jette un éclairage flamboyant sur les visages des protagonistes, dont la peau se pare de nuances ocre contrastant avec la noirceur du décor. Puisant ses inspirations dans le néo-réalisme italien, le réalisateur fait d’individus marginaux des personnages tout en contrastes, qui fascinent à la manière des anti-héros pasoliniens. Une œuvre palpitante et criante de vérité, qui augure de futures réussites pour ce cinéaste déjà remarquable.
Extrait de ma critique à retrouver en intégralité sur Le Mag du Ciné.