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le 29 nov. 2019
SuivreLâcheté et mensonges
Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...
Le film s'ouvre et se termine sur la figure d'Issa, jeune Gavroche des temps modernes arborant d'emblée les couleurs d'un Hexagone en pleine liesse de Coupe du Monde de football 2018, puis tombant plus bas que terre en pleine guérilla suburbaine dans les derniers instants dudit premier long métrage de Ladj Ly...
24 ans après la chute de Vinz, Saïd et Cousin Hub' le pote à Kasso, Kourtrajmé et consorts réalise une première fiction de cinéma littéralement puissante, terrible et accablante. Les Misérables reprend donc l'argument exposé par Mathieu Kassovitz dans La Haine plus de deux décennies auparavant, actualisant pertinemment les différents tenants et aboutissants du film pré-cité. Moins esthétisé et moins stylisé que son prédécesseur Les Misérables réutilise le même ressort dramatique du trio de personnages parfaitement métissé... à la seule différence que le groupe dépeint par Ladj Ly représente l'ordre policier et non la justice sociale !
Alors que Mathieu Kassovitz s'attardait sur la jeunesse "black blanc beur" Ladj Ly préfère explorer son opposition sociale et politique en présentant trois flics de la Brigade Anti-Criminalité aux personnalités radicalement différentes. Il y a d'abord le bon Stéphane, policier intègre souhaitant assumer la bavure cristallisant le récit du film de Ladj Ly ; puis la brute épaisse Chris, flic jouant et actant comme un cow-boy sans pitié ni largeur d'esprit ; enfin le truand Gwada, grand gaillard moralement ambigu mais passionnant car responsable du drame sus-cité...
Si le premier long métrage de Ladj Ly n'évite pas toujours le sur-filmage et les effets un rien gratuits ( notamment une utilisation du drone un peu racoleuse rappelant forcément la scène de sample de Cut Killer dans La Haine...) il rend étonnamment gloire à la philosophie politique et poétique de Hugo - cité du reste en exergue au crépuscule du générique. Un film terrible, violent et redoutablement poignant dans ses dernières minutes, qui fait certes légèrement fantasmer sur les banlieues mais qui s'avère également totalement nécessaire compte tenu de notre époque. Indispensable.
Créée
le 20 nov. 2019
Critique lue 535 fois
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le 29 nov. 2019
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