Dans cette adaptation hollywoodienne des Misérables, Bille August auréolé de ses deux Palmes d'Or choisit de centrer l'intrigue sur l'affrontement entre le policier et le voleur. Alors soit, il simplifie beaucoup les choses et prend de grosses libertés dans le traitement des personnages, mais en sort une version plus accessible.
Ce duel manichéen entre Valjean et Javert reprend le cœur du roman: l'ancien forçat est devenu homme de bien, tandis que le représentant de la loi se perd dans l'application trop rigide de la loi et finit par produire de l'injustice.
Concernant le casting, je trouve que Liam Neeson manque de charisme pour incarner Jean Valjean, notamment dans la première époque. Les acteurs ayant tenu le rôle au préalable dégageaient une force et une présence, même en étant peu loquaces (Harry Baur, Jean Gabin, Lino Ventura). A l'inverse, Geoffrey Rush est un Javert absolument parfait: obsessionnel, rigide et glaçant tout au long du film.
Beaucoup de grands thèmes du roman, ne sont qu'effleurés, mais j'ai trouvé que la dualité entre Valjean et Javert et bien respectée. Le film parvient à faire transparaitre l'opposition entre la loi et la morale, entre le pardon et la droiture inflexible tout en restant accessible à un public qui ne connait pas l'oeuvre de Victor Hugo