Sorti de nulle part, The Sheep Detectives aguiche par son concept à la croisée des chemins, et finit par charmer son audience avec une facilité déconcertante.
Kyle Balda est un réalisateur qui vient de l’animation, d’abord animateur chez Pixar puis réalisateur chez Illumination, et qui applique son expérience pour des CGI remarquables au niveau des ovins. Et si The Sheep Detectives n’a pas le charme des vrais animaux des films Babe (ni la qualité de mise en scène de George Miller), dont il partage l’ambiance si particulière (jusque dans l’évocation de l’Australie via Hugh Jackman), on ne peut que saluer la qualité des effets spéciaux qui tendent souvent vers le réalisme le plus confondant.
Petite comédie familiale sur fond de murder mystery campagnard alla Agatha Christie, le film parvient à être touchant, portant ses thématiques sur le deuil et le dépassement de soi jusqu’au bout. On parle ainsi d’apprendre à vivre avec les sales coups que l’on prend, conjuguant les hauts et les bas via un dispositif scénaristique bien trouvé, celui de l’oubli et de l’importance des souvenirs. Et grâce à une galerie de moutons aux personnalités distinctes, on vient très vite à s’attacher à ces petites bêtes velues, reléguant les personnages humains au second plan (quand bien même on est heureux de retrouver des têtes connues, que ce soit Varys de Game of Thrones ou l’affreux Greg de Succession).
Le film est surtout une véritable touche de fraîcheur, bienveillante et intelligente et qui ne pète pas plus haut son cul, respectant les canons du genre dans lequel il s’inscrit tout en y apportant une patte distincte et en allant au bout de ce qu’il entreprend thématiquement. C’est mignon, c’est rigolo, et c’est astucieusement mené de bout en bout.
Une vraie bonne surprise qui aurait mérité sa sortie en salle, si tant est qu’Amazon n’ait pas voulu outrepasser la chronologie des médias en le balançant directement sur sa plateforme par chez nous.