Un film qui malgré son côté "american dream" (là on est en German dream en l'occurence) est le premier film sur l'exil et la guerre que je vois, qui montre enfin comment n'importe qui peut devenir "réfugié". En tant qu'occidental ça fait une bonne piqure de rappel en préambule j'avoue. Personne n'est à l'abri d'une guerre ou d'une catastrophe. Le spectateur.ice a le temps de s'identifier aux protagonistes et de se mettre à leur place. En s'immergeant au début dans le petit monde paisible de ces deux soeurs encore adolescentes, on assiste en même temps qu'elles à son effondrement. Cette guerre en Syrie va chambouler tous leurs projets et leurs espoirs. Elle va changer leur statuts, bousculer leurs identités et leurs trajectoires et les faire devenir adulte prématurément.
On est loin des clichés misérabilistes sur les migrants qu'on a l'habitude de montrer dans les documentaires, reportages et fictions et c'est le point fort de ce film, basé sur une histoire vraie. On retrouve de l'humour, de l'espoir et de la poésie malgré un sujet aussi dur que l'exil. Beaucoup d'humanité se dégage des personnages qui se montrent solidaires dans les épreuves. Et ces deux soeurs, dont le destin a été bouleversé, mais qui ont continué d'avancer à leurs manières, ne cessent de nous inspirer.
Bravo à la réalisatrice qui a su transposer à l'écran de manière réaliste, sans pousser au pathos, une vraie histoire de migrant.e.s sous un angle plus humain et plus juste.