Drôle, corrosif et surprenant, ce film est un must à voir sans retenue.
Le format choisi par Damian Szifron, une succession rythmé de courtes histoires, sied à merveille avec l’objectif du réalisateur : mettre en scène le basculement rapide et soudain de différents personnages en apparence fort civilisés vers une violence (physique, psychologique ou morale) radicale et barbare sous l’effet de l’accumulation successive de vents contraires.
Cette opposition est renforcée par l’indignation morale (dénonciation de la corruption généralisé chez « Bombita », de l’impunité dans la société chez la serveuse, de la faute morale chez la mariée, etc…) dans lesquelles les personnages se drapent face aux drames qui leur tombent dessus. Alors même que la violence brutale qui s’ensuit ne semblent répondre qu’à un besoin de catarsis presque enfantin et totalement excessif.
Les personnages du film, qui se veulent dignes et structurés, se révèlent en fait incapables de se comporter rationnellement, leur violence n'a dès lors plus rien à envier à un gamin disposé à pousser sa mère dans l’escalier pour un caramel maintes fois refusé. Et ce n'en est que plus jouissif, au diable les codes sociaux et l'ordre moral, ce ne sont que des sauvages.
Enfin, l’humour parfois très noir (le père qui part bouder dans sa chambre alors que son fils est accusé de meurtre, les messages de soutien à « Bombita » sur Twitter) complète parfaitement les excès des protagonistes.
Il fallait être argentin pour produire un tel film, Szifron l’a fait et je l’en remercie.