Les Nouvelles Aventures de Gulliver est une coproduction entre l’Ukraine et Chypre. Le film s’inscrit dans le genre aventure fantastique et propose une suite librement inspirée du roman de Jonathan Swift. Gulliver, rappelé au royaume de Lilliput, y découvre que sa stature de géant est désormais contestée. Accusé d’imposture, il doit prouver sa valeur au peuple lilliputien face à de nouvelles menaces. Une relecture qui tente de prolonger le mythe sans vraiment s’y rattacher.
L’animation, sans être mémorable, s'avère correcte dans l’ensemble. Les décors, bien que génériques, offrent un rendu visuel propre et agréable à l’œil, avec quelques compositions soignées qui préservent une certaine cohérence esthétique. La direction artistique, bien que peu audacieuse, remplit son office sans accroc majeur.
Le scénario manque cruellement d’inventivité et s’éloigne de l’esprit de l’œuvre de Swift, vidant l’œuvre de toute substance. L’aventure est fade, sans enjeux marquants ni moments mémorables, échouant à instaurer une véritable tension dramatique. Les personnages, y compris Gulliver lui-même, sont réduits à des archétypes sans profondeur ni évolution, relégués au second plan au profit du roi lilliputien, insupportable et omniprésent à l’écran. Ce déséquilibre dans la dynamique de groupe désamorce toute empathie et affaiblit l’intérêt du récit. Les dialogues, convenus et sans relief, peinent à instaurer le moindre humour ou émotion.
Enfin, si l’animation est correcte, elle reste trop standardisée, sans singularité visuelle capable d’imprimer une identité forte au film.
Les Nouvelles Aventures de Gulliver s’apparente davantage à une exploitation paresseuse d’un nom prestigieux qu’à une réelle tentative artistique. L’accueil critique es confidentiel, et le film passa largement inaperçu auprès du public, faute d’originalité et d’ambition. Sa production lisse et son absence de vision en font une œuvre dispensable, qui ne mérite pas qu’on s’y attarde.