Dès les premières minutes, Passengers installe un climat de mystère qui laisse rapidement présager un twist. Un procédé qui pouvait encore fonctionner à la fin des années 2000, mais qui, vu depuis 2025, paraît aujourd’hui largement téléphoné.
Personnellement, je m’attendais davantage à une révélation centrée sur le personnage d’Anne Hathaway, pourquoi pas une thérapie inversée ou une narration peu fiable, mais le film choisit finalement une direction encore plus radicale, sans pour autant réussir à en exploiter pleinement les implications.
Les performances des deux acteurs principaux restent correctes, Anne Hathaway et Patrick Wilson parvenant à donner un minimum de crédibilité émotionnelle à des personnages dont l’écriture demeure assez simpliste. Leur jeu fait parfois illusion, mais il ne peut compenser totalement un scénario qui manque de nuances psychologiques. La réalisation, de son côté, est propre et appliquée, sans éclat particulier : elle sert juste efficacement le récit, sans plus.
Le principal problème du film réside dans son scénario, qui souffre d’une certaine pauvreté conceptuelle. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le twist final était devenu une véritable mode dans le cinéma hollywoodien, popularisée par des œuvres comme Sixième Sens, Fight Club ou encore Les Autres. Dans ces rares cas, ce procédé fonctionnait brillamment, car le retournement de situation révélait une seconde lecture du film, plus riche et plus troublante.
Passengers tente de s’inscrire dans cette lignée, mais échoue à lui donner la profondeur nécessaire. Le twist n’éclaire pas véritablement le récit rétrospectivement ; il se contente de surprendre brièvement, sans enrichir les thèmes abordés ni complexifier les personnages. Là où d’autres films utilisaient la révélation finale comme un outil narratif puissant, Passengers l’emploie davantage comme une fin en soi.
Le film laisse une impression d’inachevé. Il ne manque pas d’idées, surtout de profondeur...