C’est très joli.
Il y a des décors épatants qui descendent des cintres, à l’ancienne, en veux-tu en voilà, on est devant le théâtre, dans le bureau, ici, là, ça va vite, les comédiens changent les bureaux, divan, portes de place à une vitesse folle…
D’ailleurs, ils vont à une vitesse folle pour incarner autant de personnages à 16 seulement, ils sont la grand-mère, la chanteuse, le type du bureau, lui, elle, ça n’arrête pas.
Et une énergie folle pendant deux heures, là aussi, ça n’arrête pas, ça court, ça virevolte, ça grime des escaliers, ça traverse la scène dans tous les sens.
Bon, je ne suis pas sûr que tous les comédiens soient vraiment des chanteurs, j’ai trouvé que la voix n’était pas totalement sûre tout le temps… Mais qu’importe, ça passe, et puis quand les 16 chantent en même temps, ça marche de ouf, avec les musiciens dans les loges des balcons, hyper efficaces…
Bref, tout pour plaire.
Hélas…
Hélas, le texte est daté…
Déjà, c’est du Mel Brooks et j’ai toujours eu un peu de mal avec l’humour de Mel Brooks. Que le producteur couche avec 10 mémés pour avoir des mécènes, les appelle « Tourne-moi et prend-moi », « lèche-moi et fesse-moi », etc. ne m’amuse pas du tout. Pas plus que la version gay d’Hitler… Et comme tout son humour décalé m’est toujours un peu abscons, j’ai pas énormément ri à cette histoire.
Elle est d’ailleurs assez plate et prévisible : un producteur veut monter un fiasco mais ça marche. Oups, pardon, j’ai spoilé les ¾ de l’histoire…
Et puis le spectacle qu’il monte doit être un des pires, pire texte, pire mise en scène, pire comédien…On est loin des Faux British ou de Thé à la menthe ou thé citron…
Donc oui, c’est très joli, vivant, enlevé, visuellement inventif, mais pour une pièce assez creuse à l’humour daté où c’est drôle de se taper des vieilles pour de l’argent et de faire des gays de vrais fofolles…