Par où commencer…
On pourrait appréhender 3h10 de film et malgré la tendance aux mini séries on reste suspendu jusqu’au bout sur cette fresque historique.
Xavier Giannoli et Jacques Fieschi (pour le scénario) ont su très habilement mettre en avant l’ambiguïté de Jean Luchaire, de sa fille et d’Otto Abetz et finalement la difficulté de mettre les gens dans des cases (gentils ou méchants ?). Cette part d’ombre et de lumière en chacun des personnages qui sont nés dans une époque trouble durant laquelle, pour exister il faut choisir. Mais le choix quelqu’il soit est un choix dangereux, à haut risque.
Evidemment on doit noter un petit partie pris de vouloir “adoucir le côté sombre” car on ne peut pas ne pas s’attacher à ces personnages. Comment ne pas consentir à des circonstances atténuantes surtout près d’un siècle après les événements. La maladie qui nous émeut d’abord mais le choix d’un Jean Dujardin exceptionnel dans le rôle principal ne peut pas nous faire détester Jean Luchaire.
Et que dire de cette brillante et spectaculaire Nastya Goloubeva -Carax qu’on a envie de prendre dans les bras et qui crève l’écran ?
Tous deux ont su incarner un duo père-fille à la fois libre et perdu, uni et fusionnel mais condamné.
August Diehl est à la hauteur de ses deux camarades de jeux, jouant l’Allemand qu’on n’arrive pas tout à fait à détester.
Aucun personnage n’est vraiment ni aimable ni détestable.
Mais tous les acteurs sont sublimes dans cette narration dans une époque compliquée où tout n’est que rayons et ombres.