Très convaincu par ce film
D’abord parce c’est un film qui traite assez bien de ce que c’est que cet entre-deux étrange de la vie d’un lycéen toujours chez ses parents et celle du jeune adulte commençant à vouloir s’ouvrir aux nouveautés du monde
On suit alors un jeune Lee Kang-sheng se découvrir une curiosité pour ces voyous qui ont détruit le rétro de son père, se mettant à les suivre discrètement d’un regard dont on ne sait jamais véritablement s’il est approbateur ou réprobateur, peut-être simplement curieux donc, avec un désir de se venger
Mais plus généralement, je crois que ce film me plaît parce qu’il traite brillamment d’un sujet m'intéressant qui est celui de l’émancipation : pour un individu donné, dans une situation donnée, quels sont les évènements le percutant dans sa vie qui pourront lui faire vouloir s’affranchir de sa condition qu’il a pourtant toujours supportée ?
Pour ne s’attarder que sur l’exemple de Wang Yu-wen : petite amie du frère de Chen Chao-jung et employée d’un roller rink, voilà que progressivement, d’une rencontre hasardeuse au travail, à une sortie entre nouveaux amis, à une balade en voiture, à une escapade à l’hôtel, on la voit vouloir revoir ce garçon, lui demander de la rappeler, de la chercher après le travail, de lui en vouloir de ne pas l’avoir fait, de se chercher quelqu’un d’autre, elle s’est alors émancipée de sa condition initale
Wang Yu-wen et Lee Kang-sheng partagent tous deux des trajectoires différentes mais qui les amèneront à la même fin qui est celle de l’émancipation, par des moyens qu’on pourra juger grands (une rencontre amoureuse) ou petits (un rétro cassé)
Le tout est encadré dans un quotidien pluvieux, noirci, sale ou encore cru, tantôt spectaculaire, semé de vols et de courses-poursuites, tantôt banal, dans des ruelles, des routes et un appartement insalubre
La fin est peut-être ce qui m’a le plus déçu, entre un plan assez cliché des deux amoureux s’entrelaçant et une scène pour le moins nébuleuse de Lee Kang-sheng dans un espace de rencontre par téléphone, on aurait pu s’attendre à mieux