Le bosphore en guest star
Le film, montre et accompagne plus qu'il ne démontre, le fonds sert la forme plutôt que le contraire, et c'est bien réussi. L'expression des visages, les non dits révèlent une émotion contenue et néanmoins prégnante.
Une famille de 3 personnes (les 3 singes, allégorie ou symbolique ?) confrontée à une situation comme seule on peut en connaître en Turquie. Les images du Bosphore récurrentes entretiennent et alternent les aléas et les revers d'une famille dont les membres sont liés par leur impossibilité de communiquer ce qu'ils vivent voient entendent.
Comme souvent dans le cinéma turc, (Il était une fois en Anatolie du même Ceylan, Yol, Le miel...)le poids des traditions, des tabous, le respect religieux la crainte du milieu sociétal, inhibent et cette inhibition portée à l'écran, étouffe, languit, les orages sur le Bosphore dont le flot emporte le tourment des personnages dont les gros plans insistants révèlent un jeu d'expression de visages incisifs.