Globalement, le film réalisé par le mexicain Alfonso Arau en 1995 se laisse regarder sans déplaisir et surtout sans fatigue…


L'histoire et la romance sont belles, aussi, on a tendance à se laisser porter sans angoisse car on se doute bien que tout va bien se passer. Certaines scènes comme celle du pressoir ou des vendanges sont pleines de sens et de tradition et sont magnifiques. Le film est en grande partie porté par un personnage normalement secondaire, en fait essentiel : Anthony Quinn, le grand-père
Maintenant examinons ce qui serait perfectible …
D'abord, les personnages (surtout masculins) sont trop bruts de fonderie et manquent de nuances. Les caractères ne sont pas assez travaillés. En particulier, le père de Victoria est tellement caricatural qu'on a du mal à le croire.
Le scénario est complètement cousu de fil blanc avec un point d'orgue lors de la scène où Paul découvre que sa femme le trompe ; la rencontre est surréaliste, limite invraisemblable ; et ce d'autant plus que le spectateur s'en doute dès le début. Le scénario aurait été plus crédible si la même scène avait été construite dès le début induisant un autre personnage pour Paul, plus étoffé ou plus déboussolé, selon l'orientation prise par le scénario.
Et puis un peu trop d'invraisemblances scénaristiques, surtout vers la fin qui gâtent le plaisir et empêchent le spectateur, que je suis, d'adhérer pleinement:
Il est impensable que des vendanges d'un aussi grand domaine (les vignes s'étendent à perte de vue) ne durent qu'une journée sauf peut-être si elles sont complètement mécanisées et encore.
Par ailleurs, on sait que, lors des grands incendies historiques, les vignes souffrent mais jouent un rôle de barrière assez efficace contre la propagation des flammes ; alors de là à voir des pieds de vigne s'enflammer comme de vulgaires pins, par jour de mistral…
Quant à la séance d'arrachage d'un pied de vigne de 20 cm de diamètre par la force d'un homme ! Même Schwarzie, dans ses grands moments, n'en n'aurait pas été capable.


Et puis cerise sur le gâteau, qu'on ne peut quand même pas imputer au réalisateur ni au scénariste, le titre français n'a rien à voir avec le titre original "A walk in the clouds". Du coup, dans la version française, on peut difficilement comprendre les allusions faites aux nuages.

JeanG55
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Films Terroir et Les meilleurs films de 1995

Créée

le 29 mars 2020

Critique lue 822 fois

JeanG55

Écrit par

Critique lue 822 fois

1

D'autres avis sur Les Vendanges de feu

Les Vendanges de feu

Les Vendanges de feu

7

dorea_nb

5 critiques

Quand le titre du film ne fait pas honneur à son histoire

J'ai beaucoup apprécié ce film. Je cherchais à revoir quelques anciens films de Keanu Reeves et je suis tombé sur "Les Vendanges de feu". En réalité, le titre en français n'a pas grand-chose à voir...

le 23 juin 2024

Du même critique

La Mort aux trousses

La Mort aux trousses

9

JeanG55

2454 critiques

La mort aux trousses

"La Mort aux trousses", c'est le film mythique, aux nombreuses scènes cultissimes. C'est le film qu'on voit à 14 ou 15 ans au cinéma ou à la télé et dont on sort très impressionné : vingt ou quarante...

le 3 nov. 2021

Le Désert des Tartares

Le Désert des Tartares

9

JeanG55

2454 critiques

La vanité de l'attente de l'orage

C'est vers l'âge de vingt ans que j'ai lu ce livre. Pas par hasard, je me souviens très bien qu'un copain me l'avait recommandé. J'avais bien aimé. Cependant, je n'ai jamais éprouvé le besoin de le...

le 7 avr. 2023

125 rue Montmartre

125 rue Montmartre

8

JeanG55

2454 critiques

Quel cirque !

1959 c'est l'année de "125 rue Montmartre" de Grangier mais aussi des "400 coups" du sieur Truffaut qui dégoisait tant et plus sur le cinéma à la Grangier dans les "Cahiers". En attendant, quelques...

le 13 nov. 2021