Les films de Téchiné ont, dans l’ensemble, très mal vieilli — Les Voleurs n’échappe pas à la règle. Dès les premières scènes, ces dialogues trop écrits, visiblement conçus pour creuser la psyché des personnages, tombent à plat : ils sonnent faux, récités plutôt que vécus. Par moments, c'est touchant, d'autres fois ridicule et heureusement souvent drôle.
Téchiné n'avait qu'une cinquantaine d'année quand il a tourné ce film. Et pourtant il semblait déjà totalement déconnecté de son époque. Censé se passer en 1996 il donne l'impression d'avoir été tourné dans les rues de Lyon en 1976. Ces "voleurs" s'apparent plus au gang des lyonnais des années 70 qu'à la délinquance des années 90 (et les exemples d'anachronismes sont malheureusement légions).R ien, ou presque, n’évoque la France des années 90 — comme si le film refusait de regarder son époque en face. Déjà anachronique à sa sortie, Les Voleurs ressemble aujourd’hui à un film en décalage total, coincé entre passé idéalisé et présent ignoré. Un objet figé, plus poussiéreux que nostalgique.
Alors oui, les actrice, les acteurs, sont remarquables, signe que Téchiné sait les diriger, mais les voleurs aurait gagné à être plus simple, à croire réellement en ses personnages sans les encombrer de ses artefacts verbeux qui plombent le film.