Premier film de Pascal Thomas , qui avait eu un très grand succès à sa sortie en 1972, ( 1,3 millions spectateurs) et en le revoyant en 2026, on comprend ,car le film a gardé une fraîcheur, une insolence, une impertinence de ton, en marge de la production cinématographe traditionnelle, qui aujourd’hui encore, nous bouscule.
C’est une chronique naturaliste d’une bande de copains, lycéens, et les garçons sont obsédés par le sexe, ils ont en vie de « baiser ».
Les deux héros principaux sont comme des jeunes coqs et racontent à leur copain qu’ils sont des tombeurs, mais les filles de leur âge ne les intéressent pas, des « petites pisseuses » qui ne veulent pas coucher. lI faut comprendre que l’action du film se situe 10 ans avant 1972, donc avant mai 68 , et que la libération des mœurs n’a pas encore eu lieu.
Rappelons-nous que mai 68 commence à Nanterre par des garçons qui voulait aller à la piscine mixte et avoir libre accès au dortoir des filles, avec les mêmes intentions que les jeunes gens du film.
Il y a même l’évocation par ces garçons boutonneux d’aller voir les « filles », en se cotisant. Certains dialogues seraient difficiles à enregistrer aujourd’hui, trop libres, trop décalés, par rapport aux mœurs contemporaines.
Le scénario plus malin qu’il n’y parait , est une sorte de préquel de 68. Les 2 garçons partiront en vacances en Suède parce que l’on dit que les Suédoises couchent toutes facilement .
Le film confronte aussi ces jeunes au mythe, au fantasme inaccessible, (la sexualité débridée), pour les ramener à la réalité, à leur retour de ce voyage /désillusion, pour participer à un petit bal de village, excellente scène naturaliste, un bijou. Chacun retrouvera une de ses fiancées, un peu coincées, pas trop libérées, mais gentilles.
Chronique douce-amère , accompagnée d’une très jolie bande son de Vladimir Cosma.