Je suis très surpris des notes attribuées à cette œuvre. Aucun souci avec son esthétique léchée ni avec son aspect pictural : la réalisation est élégante, la mise en scène travaillée, les jeux de lumière soignés. Par moments, l’image semble évoquer ces toiles de Georges de La Tour où la lumière d’une bougie sculpte le visage de l'homme d’Église en pleine méditation.
Mais c’est justement là que le bât blesse. Cette perfection visuelle finit par lisser toute aspérité et donne le sentiment de servir une soupe prosélyte bien fade. Et puis, soit je suis un génie aux connaissances infinies, soit les témoignages choisis ne sont que des poncifs ressassés jusqu’à la corde. On nous parle de difficultés, sans qu’elles n’apparaissent jamais à l’image — ni par des scènes de conflit, de débat ou de remise en question, ni même à travers l’imagerie, trop propre pour être honnête.
Au final, on se retrouve devant un film constitué uniquement de témoignages à la gloire d’un mode de vie que chacun jugera comme il l’entend, sans que le propos ne s’élargisse jamais au-delà de la foi. Sujet intéressant, certes, mais qui mériterait d’explorer les conséquences de cette croyance sur la vie en société. Le tout reste flou, convenu bien qu'instructif à la marge. Il ne subsistera qu’une impression mitigée : celle d’un bel objet visuel, certes séduisant, mais dénué de véritable valeur analytique — un film qui ne touchera, au fond, que les déjà convaincus.