Trois filles, un bateau, un été. Rien de bien extraordinaire à première vue, et c’est peut-être ce qui fait le charme de Likemeback.

Le film se laisse porter au rythme de cette croisière, entre longues heures d’insouciance et petits bouleversements.On y retrouve cette drôle de période qu’est l’adolescence, où un regard peut tout changer, où les sentiments débordent, où l’on découvre son corps, ses désirs, ses contradictions, sans toujours savoir quoi en faire. Tout prend des proportions folles, même ce qui, quelques années plus tard, nous semblerait presque anodin.

À bord , la croisière prend des airs de huis clos. Coupées de leurs repères habituels, les trois amies avancent ensemble sans forcément aller dans la même direction. Les regards se croisent, les jalousies s’installent,les rapports changent au fil des escales. Dans cet espace où l’on ne peut jamais vraiment s’échapper, la moindre tension prend de l’ampleur.Et puis il y a les téléphones, les vidéos, cette frontière de plus en plus floue entre ce qui nous appartient et ce qu’on expose au monde.

J’aime cette manière de raconter beaucoup à partir de presque rien…Le rythme s’égare parfois, à force de vouloir laisser le temps s’écouler, mais ces longueurs participent aussi à cette sensation de vacances suspendues. Je reste en revanche un peu perplexe face à cette histoire avec l’homme plus âgé : fantasme adolescent, désir de grandir trop vite, ou simple prétexte au drame ? Difficile de savoir ce que le film cherche réellement à en dire.

Mais il reste quelque chose de touchant dans cette traversée sans grand spectacle. Une façon de nous replonger dans un âge où tout est encore à découvrir, où l’on navigue à vue, entre légèreté et maladresse, sans vraiment mesurer ce qui nous attend.

MrpOpCorns
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