Andreas Horvath, jusque-là documentariste exclusif, franchit avec Lillian la frontière du cinéma de fiction tout en conservant une approche résolument documentaire dans son style et sa narration. Ce mélange donne naissance à une œuvre d'une beauté brute, parfois dérangeante, qui laisse une empreinte durable.


Dès les premières images, le film impose un rythme lent et contemplatif. Chaque plan, minutieusement composé et regorgeant de détails, transforme la nature et les paysages en véritables protagonistes.

La beauté ici n’est pas une échappatoire, mais une confrontation : elle est oppressante, imprégnée d’une hostilité constante. Et il faut reconnaître à Lillian (le personnage) une détermination brute et un incroyable talent pour la débrouillardise, qui impressionnent autant qu’ils intriguent.


À première vue, le film peut sembler pauvre en narration. Mais cette apparente simplicité dissimule une richesse insoupçonnée. Le récit se déploie avec une subtilité rare, exigeant un spectateur actif. Rien n’est explicitement énoncé : tout passe par l’image. Tant de films gagneraient à s’en inspirer (mention spéciale à Into the Wild, mais j’y reviens).

Chaque plan devient une énigme, une invitation à multiplier les suppositions sur cette femme, silencieuse tout au long du film, mais dont l’histoire nous hante.


Les comparaisons avec Into the Wild sont fréquentes, et je trouve, compréhensibles. Pourtant, Lillian surpasse largement ce dernier dans sa capacité à intégrer la nature comme un véritable personnage central.

De plus là où Into the Wild s’égare dans des démonstrations bien trop appuyées (mention spéciale à la scène du brûlage de billets, qui me rend toujours autant furieux), Lillian brille par sa sobriété implacable. Pas de grands discours, pas de leçons : juste une lutte silencieuse pour la survie et un but final, dépouillé, en apparence, de tout pathos.


Avec Lillian, Andreas Horvath signe un chef-d’œuvre captivant et marquant..

Et NON, ce n’est pas un film à regarder passivement : il se vit, se ressent, se déconstruit.


PS : Le film est apparemment inspiré d’une histoire vraie, mais franchement, ça n’ajoute rien au visionnage. Cette précision est aussi utile que de dire que la Lune est ronde. Alors voilà, ça restera ici, un simple PS.

StanleyC
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Créée

le 24 nov. 2024

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