La chaude et cataclysmique actualité de ce début d’été m’a donné envie de replonger dans le brasier tel que dépeint par Joseph Kosinski. Car vu que les deux gros films suivant du bonhomme, Top Gun Maverick et F1, proposaient un spectacle total, et que mes souvenirs de ma découverte de ce film jamais sorti par chez nous étaient du même acabit, j’avais bien envie de le revoir dans des circonstances optimales.
Le constat reste le même qu’à l’époque : c’est narrativement cousu de fil blanc, mais le didactisme du film sur les méthodes employées par ces pompiers de seconde ligne, chargés d’anticiper l’avancée des flammes et de la couper dans sa course en préparant le terrain, est un régal. On n'avait pas aussi bien mis le métier en valeur depuis Always. Et comme pour Top Gun, la pré-annonce de ce qui va se dérouler par la suite permet d’être en capacité à garder ses repères une fois dans le feu de l’action, laquelle se déroule ainsi dans une rare limpidité.
On nous théorise avant de nous démontrer, et on le fait bien dans les deux cas, sans jamais que le rythme n’en pâtisse.
Alors oui, on pourrait pérorer sur les relations caricaturales de bidasses qui unissent l’équipe de Granite Mountain, sur ces bizutages sur fond de musique country et de square dance qui collent à la peau de l’Arizona. Mais ça serait faire fi de la simple essence d’humanité qui habite ces personnages terre à terre, pas compliqués pour un sou mais droits dans leurs bottes, et mettant leur vie en jeu pour pas grand chose en retour. Les gueules bien connues que sont Josh Brolin, Miles Teller, Jeff Bridges ou Jennifer Connelly viennent apporter une sympathie supplémentaire à cette équipée qui se met en danger pour mieux survivre, sans jamais que la pathos ne pousse trop loin, découlant simplement de faits réels tragiques.
Et j’ai pu lire ici et là des remarques sur un film qui serait patriotique. Quand? A quel moment? Parce que l’on célèbre des héros du quotidien, ceux-là même qui sont en ce moment en train d’enchaîner les foyers mortels en Gironde alors qu’ils sortent à peine du feu précédent? Ça ne s’appelle pas du patriotisme, mais de la reconnaissance. Jamais Only the Brave n'acclame une quelconque idée de l’Amérique, d’un bord comme de l’autre, mais simplement celle d’hommes sur le fil et de leurs familles qui en pâtissent. De la même manière que jamais ma déférence pour nos pompiers français n’implique une quelconque reconnaissance de l’Etat français dont l’inaction en matière de prévention est la première cause de l’enfer que nous répétons d’une année sur l’autre.
Petit bonus qui, via un simple coup d'œil, donne l’ampleur de la situation : https://feuxdeforet.fr/cartes/feux/
Qui aurait pu prédire…