Un type lambda au volant de sa décapotable déambulant dans Los Angeles, emmène deux jeunes filles en stop. Après quelques atermoiements, celles-ci s'invitent chez lui pour passer la nuit. S'ensuivent des coucheries de plus en plus épuisantes et malsaines, mais pas forcément pour qui on l'attendait.
Dans la jungle des films érotiques des années 70, Little Miss Innocence se démarque par la qualité de sa mise en scène (l'exploitation du huis-clos est limpide, le travail sur le montage intéressant) et de son interprétation, mais également par son scénario qui, loin d'être un simple prétexte aux scènes olé-olé (et dieu sait que le film en est rempli), livre un home invasion alternant entre comédie de mœurs et angoisse psychologique.
Les deux actrices, au physique un peu atypique pour le genre, sont très douées (pas que physiquement, j'entends), et l'interprète masculin joue à merveille le vieux beau sur le retour qui a du mal à suivre la fougue, sexuelle notamment, de la jeunesse. En filigrane, sa solitude transparait, et tout tend habilement vers la révélation finale du pourquoi du comportement des jeunes louves.
En bonus on a de très beaux plans sur le Los Angeles un peu crado des années 70, lors des quelques entorses au huis-clos, qui servent autant à la respiration du scénario qu'à l'approfondissement des relations entre les personnages.
En 1h09, le film parvient donc à exister un peu plus que pour ses scènes pimentées, qui, et ce n'est pas toujours le cas dans le genre à cette époque, ne sont ni ennuyeuses, ni rebutantes.