A l'image du personnage masculin principal qui ne sait plus à la fin s'il a tué une femme ou pas, je me suis perdue en cours de route dans ce film lent et un peu hermétique où l'on croise une femme vivante, le fantôme d'une femme assassinée et une momie découverte dans un marais.
Heureusement, comme dans la plupart des films de Kurosawa, on peut compter sur des décors magnifiquement sombres et inquiétants et un fantôme discret mais efficace. Dans "loft", il y a même une momie flippante dissimulée sous une bâche qu'on s'attend à tout moment à voir se lever.
Le petit fantôme féminin en particulier réserve quelques images joliment flippantes et poétiques, comme cette scène sublime où il disparaît peu à peu dans la brume au bout d'un ponton.
J'ai surtout été envoûtée par les décors extérieurs faits de bâtiments en béton désaffectés cernés par une nature verdoyante à la beauté sauvage et oppressante et d'un marais brumeux angoissant. Visuellement, le film est une splendeur.
Et comme toujours chez Kurosawa, la bande-son est génialement immersive et en parfaite adéquation avec l'univers visuel.