A la frontière mexicaine, Logan se cache. Épuisé, fatigué, il s’occupe d’un Professeur Xavier grabataire et déclaré arme de destruction massive par les Etats-Unis. Il est devenu un driver, conduisant aussi bien des hommes d’affaires que des fils à papa à travers le Mexique pour subvenir au besoin médical de son ancien mentor. Les X-men n’existent plus et ce futur plus ou moins proche est synonyme d’extinction pour l’intégralité de la Mutanité. Car depuis les événements dépeint dans Xmen Apocalypse, plus aucun jeune mutant n’est apparu… jusqu’à l’arrivée de Laura. Une mystérieuse jeune fille qui possède certains liens avec Logan.


Pour les plus comics-vore d’entre vous, ça ne vous aura pas échappé que le film adapte librement le célèbre récit Old Man Logan de Mark Millar (et d’autres récits dont je tairai le non pour ne pas spoil). Avec Logan, la Fox réalise un virage à 180 degré dans le traitement de son personnage phare avec un film sombre, violent et se suffisant à lui même. Ce déroulant bien après la timeline des films X-men, il n’y a pas d’univers connecté empiétant dans le récit, mis à part quelques clins d’œil et un casting restreint, proposant ce qu’il y a de meilleur dans la saga. Probablement bien aidé par le succès insolent de Deadpool, le studio a ainsi laissé carte blanche à Hugh Jackman et son réalisateur James Mangold pour faire de ce Logan, une ode à la bestialité. Le tout se ressent instantanément, classé Rated-R aux Etats-Unis, le long métrage ne fait dans la dentelle et propose enfin, la sauvagerie aussi bien mutante que humaine, caractérisant habituellement le personnage.


Une violence qui peut être un choc pour le genre, mais jamais gratuite. Ainsi avec le même acteur et même réalisateur, on trouve une puissance largement plus probante que Wolverine Le combat de L’immortel, et ce, autant du côté graphique que scénaristique. De Logan se dégage ainsi un feeling animal, empruntant aussi bien au genre du Western, que du post-apocalyptique (il y a beaucoup de rappel à Mad Max et La Route dans le film). Sans tomber dans l’hommage à outrance, James Mangold se sert de ces influences en dépoussiérant le film de super-héro trop propre sur lui. Le sang se mêle à la poussière de la plus belle des manières pour une imagerie tout aussi viscérale et inspirée, renvoyant ce blockbuster aux bonnes heures des productions indépendantes.


Une violence donc visuelle, mais aussi personnifiée par cet univers sans véritable espoir, en particulier pour notre anti-héro préféré. Hugh Jackman nous propose sa meilleure interprétation du mutant griffu aussi bien malade, dépressif que cabotant, mais bien plus humain que mutant. Car au-delà des griffes, Logan est avant tout un homme meurtri par son passé, dépassé par son présent et condamné par son avenir. Et c’est probablement ce qui fait toute la différence avec les autres productions super-héroïques. En rendant son personnage humain, le spectateur souffre autant que le personnage qu’il suit depuis les 17 dernières années. En favorisant la personnification à la débauche d’action, il ne pouvait pas en être autrement pour que le long-métrage marche aussi bien.


Si dépeindre Logan humain au lieu d’un Wolverine mutant est le principal attrait du film, les bonnes idées ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Avec son casting restreint en comparaison des autres X-Men, le reste du trio star à la chance d’être aussi bien développé que notre ami griffu. Ainsi Patrick Stewart qui nous livre également sa dernière interprétation du Professeur Xavier, excelle dans l’art de rendre une situation problématique. Un Xavier possédant le cerveau le plus puissant de la planète, attaqué par la sénilité le rend plus dangereux que jamais, tout en ayant de la peine pour l’humaniste qu’il était plus jeune. Pierre angulaire du récit après Logan, l’émotion fait encore une fois mouche.


Dernière arrivée dans l’univers violent de Logan, la jeune Laura est un personnage tout aussi puissant que ces aînés et débute la carrière de Dafne Keen de la plus belle des manières. Elle représente l’espoir bien au-delà de la survie de la Mutanité. Elle est l’espoir d’une rédemption possible de ces deux hommes brisés par la vie. Mais un espoir flou, atteint par le désespoir d’une gamine privé d’enfance, la rendant bien plus dangereuse que Logan lui-même pouvait être. Le trio forme ainsi une véritable famille, cahotante et brisé, mais qui devra traverser l’Amérique dans un violent roadtrip.


Mais au-delà de ses belles images et de ses personnages tous plus fort les uns que les autres, le dernier point de Logan, c’est qu’il est un blockbuster en partie « politique », n’hésitant pas dénoncer certaines dérives prenant racine dans notre monde réel tout en touchant des thèmes forts. Si on est habitué de parler du racisme dans la saga X-men, la mort et la vieillesse posent son épée de Damoclès sur le récit, tout autant que des sujets de société tel que l’uberisation et la fermeture des frontière. Pour tout cela, Logan est un film fort qui résonne fortement avec le monde actuel. Une page qui se tourne dans la saga, pour ses acteurs, pour la culture geek, mais qui nous dit au revoir de la plus belle des manières malgré un dernier acte en deçà du reste du film. Ne boudez pas votre plaisir et courez voir Logan.


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le 2 mars 2017

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