8
le 10 nov. 2012
SuivreTerminakira
Il est toujours délicat de faire un film sur une boucle temporelle par le simple fait que pratiquement le voyage dans le temps est irréalisable. En théorie, ça fonctionne mais point barre. Certains...
Looper utilise le voyage temporel non comme un problème technique à résoudre, mais comme un dispositif moral destiné à interroger la responsabilité individuelle dans un monde dominé par le déterminisme. Le futur qu’il dépeint importe moins pour sa cohérence que pour ce qu’il permet de rendre visible : l’impossibilité d’échapper à une trajectoire scellée dès l’enfance. Le film ne pose pas réellement la question de savoir s’il faut tuer l’enfant, mais affirme que ce geste, loin d’effacer le mal, en constitue l’origine. L’amour maternel, loin d’apparaître comme une force rédemptrice, se révèle incapable de rompre cette chaîne causale, et participe malgré lui à la reproduction de ce qu’il prétend empêcher. En s’inscrivant dans un déterminisme proche de celui de Bourdieu, Looper présente ses personnages comme les produits de leur environnement social. L’enfance y agit comme une matrice définitive : violence, pauvreté et absence de capital condamnent les individus à rejouer la même trajectoire. Le Rainmaker n’est pas un monstre moral, mais la conséquence logique d’une vendetta. Les looper acceptent de tuer leur futur (sois) pour de l'argent , argent qu'il dilapideront afin de s'évader de leur condition rendant tout investissement ou transmission à une futur génération impossible. L’argent que le héros dissimule sous son plancher ne constitue ni un capital ni une promesse d’émancipation, mais une accumulation stérile, thésaurisée sans projet, révélant l’impossibilité de transformer la richesse en avenir.
Le sacrifice final ne contredit pas ce déterminisme ,il le confirme en suggérant que l'on peut s'y soustraire qu'en disparaissant.
Créée
le 3 févr. 2026
Critique lue 14 fois
8
le 10 nov. 2012
SuivreIl est toujours délicat de faire un film sur une boucle temporelle par le simple fait que pratiquement le voyage dans le temps est irréalisable. En théorie, ça fonctionne mais point barre. Certains...
6
le 4 nov. 2012
SuivrePetit aparté avant de commencer cette critique. Toi mon voisin de droite de la salle de ciné de l'UGC des halles, toi qui a cru que tu allais voir Expendables 3 parce que Bruce Willis avait un gros...
7
le 7 déc. 2013
SuivreJ'avais quand même réussi à me préserver de toute info sur ce film, m'immunisant presque contre la plupart des préjugés de rigueur sur une production de SF multi-référencée et me promettant encore...
7
le 4 févr. 2026
SuivreC’est assez fascinant de voir à quel point Netflix adapte ses productions à chaque marché. On voit immédiatement que Cash est un film français : ici, les patrons sont tous des salauds.La famille qui...