Maurice Pialat devient vraiment l’un de mes cinéastes préférés.De la même manière que Kechiche dans La Vie D’Adèle (nombreux sont les points communs évidents entre les 2 films), Pialat va mettre en scène des archétypes de personnages, la bourgeoise et le loubard, pour finalement les faire exister et les rendre profondément humains et complexes au fur et à mesure qu’il les filme.Seuls 3 acteurs professionnels dans le film (Huppert, Depardieu, Marchand) sont tous les 3 au sommet de leur art, j’y crois à chaque instant, on est très loin du jeu hollywoodien où il faut crier et en faire des caisses pour se sentir crédible, ici tout passe par le quotidien et le banal et pour ça Pialat va entourer son trio d’acteurs amateurs (certains sont déjà passés chez Pialat d’ailleurs) pour renforcer ce côté immersif et faire ce qu’il fait de mieux : filmer des gens lambdas qui font des trucs lambdas.Pialat les filme donc sans fioritures ou effets de style inutiles, ici tout est brut et criant de vérité. Pas besoin de narration ou du moins pas besoin de suivre un schéma classique qu’on aurait vu dans 100 autres films, ce qui intéresse Pialat c’est la vie dans ses personnages et rien d’autre.Et le plus intéressant c’est qu’en lisant le synopsis on pourrait s’attendre à un film profondément social mais encore une fois Pialat ne fait pas du social du moins, comme dans L’Enfance Nue, le social arrive par la force des choses quand on s’attarde sur des gens qu’on ne voit jamais au cinéma. Mais ce qui intéresse Pialat c’est les gens avant tout, pas leur condition sociale ou quoi que ce soit d’autre, sans pour autant l’invisibiliser (qui serait très mal venu), c’est tellement fort et ça donne une sincérité dans le métrage vu nul part ailleurs.Une autre chose que j’ai adoré et que j’ai adoré dans tous ses films : certaines choses ne s’expliquent pas et font parti de la vie. Par exemple dans L’Enfance Nue un personnage a une jambe de bois et ce ne sera jamais expliqué (alors que la personne en question est un proche du jeune François), ici pareil, un ami de Depardieu a une malformation à l’épaule et on ne saura jamais à quoi elle est due, pas besoin de tout expliquer bêtement au spectateur quand les personnages le savent déjà eux-mêmes. Pour terminer je vais parler de ma scène préférée qui fait aussi écho à La Vie D’Adèle qui est la scène du repas chez les prolétaires qui est d’une beauté incommensurable, filmer dans la plus simple des façons, ça rigole, ça parle dans tous les sens, ça mange, ça boit, puis d’un coup on se concentre sur Mémère qui raconte comment elle a recueilli le jeune voisin, sans jamais que ce soit larmoyant, on en ressent toute l’humanité la plus brute c’est incroyable…

Eykho
9
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le 9 janv. 2026

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