Une collection de personnages excentriques, tous plus ou moins tarés et criminels, une valise de billets que tout le monde s'arrache, et une narration peu orthodoxe qui brouille les pistes et ne permet de recoller les morceaux que vers la fin ? On se croirait dans un Tarantino si tout le monde n'était pas coréen.


Et comme on est dans un film coréen, on a bien sûr une bonne dose de satire sociale (même si le film est résolument un polar), de l'humour noir ou absurde, beaucoup de violence et des personnages neuro-atypiques. C'est sombre, un peu fou, et ça donne très envie de ne pas aller vivre en Corée.

Les histoires de criminels et de mafia avec des intrigues à tiroirs et des personnages atypiques, c'est typiquement ma came, et j'ai passé un très bon moment devant Lucky Strike, grâce à son rythme enlevé, sa mise en scène léchée et sa magnifique direction photo.


Mon premier bémol est que de par sa structure non-linéaire et son montage que je qualifierai poliment de dynamique, le film m'a d'abord paru difficile à suivre. J'avais du mal à différencier certains personnages (oui oui, je sais, après toutes ces années), les intrigues décousues partent dans tous les sens et mettent BEAUCOUP de temps à se télescoper, et je me suis longtemps demandé où le film voulait m'emmener. Je me suis donc laissé balader avec un plaisir mitigé, le cerveau en surchauffe pour essayer de recoller les morceaux, car je ne savais pas si ma sensation de flottement était souhaitée, ou si j'étais trop con pour suivre l'histoire. Bilan ? Un peu des deux, mais il faut surtout accepter de ne pas tout comprendre avant que les pièces s'imbriquent.


Second bémol : Lucky Strike m'évoque très fortement des films plus réussis, comme Pulp Fiction, mais aussi Kiss Kiss Bang Bang, ou The Big Lebowski. À mon sens, ce qui les élève au-dessus du film de Kim Yong-hoon, c'est principalement l'écriture de leurs personnages, plus humains et bien plus attachants. Lucky Strike est un film assez froid, redoutablement bien exécuté, certes, mais qui manque de cœur. J'ai rarement ressenti de l'empathie pour ses protagonistes que le film échoue à rendre sympathiques. Résultat : leur sort m'importait peu et la tension en pâtit.

Ezhaac
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le 9 juil. 2026

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