Il n’y a pas que la magie du cinéma qui fait fait naître un film, il y a aussi Le Magicien d’Oz (LMDO) : « Les chaussures rouges de Laura Palmer ou de Lula, le rideau de Blue Velvet et de Twin Peaks, les bandes jaunes sur l’autoroute de Lost Highway, le bruit du vent dans Elephant Man et Mulholland Drive, le nain de Twin Peaks » (Anne Dessuant @anne.dessuant, Télérama, “Lynch/Oz”, aux origines de l’imaginaire de David Lynch, 30 mai 2023). Car « Lynch/Oz examine l’influence du film LMDO, réalisé par Victor Fleming en 1939, sur l’œuvre de Lynch. Le concept est né d’une réponse que Lynch a donnée lors d’un panel de questions-réponses au Festival du film de New York 2001, après la projection de Mulholland Drive. Interrogé sur l’impact du film de Fleming sur son œuvre, Lynch déclara : « Il ne se passe pas un jour sans que je pense au LLDO ».» (Wikipédia anglophone, Lynch/Oz). Car si le film nous paraît kitsch ou obscur, pourtant « tourné par George Cukor, King Vidor et Victor Fleming (même si c’est ce dernier qui a mis en scène le plus gros du film), en parallèle de Autant en emporte le vent) », il fait partie de l’inconscient collectif américain, étant diffusé chaque année pendant les fêtes de fin d’année.
Le film offre 6 récits de cinéphiles et cinéastes : Karyn Kusama (Jennifer’s Body), Rodney Ascher (Room 237, sur Shining), John Waters (Pink Flamingos), Amy Nicholson, Justin Benson, Aaron Moorhead, David Lowery (A Ghost Story), et derrière la magie apparaît vite le cauchemar, dont celui de l’héroïne in IRL, mère de Liza Minelli et morte à 47 ans, Judy Garland, entre dépression et alcools. Et s’il n’y a pas de contes de fées sans sorcières, surtout celles que l’on tue, même dans LMDO, qui offre sans doute plus de volume que sa lissitude présumée. Et si Lynch/Oz surinterprète parfois trop à l’aune d’Oz, il offre pas mal de pistes stimulantes, nourries par de nombreux extraits.