Evangile athé réussi de la survie dans un monde apocalyptique
Dire que ce film a déjà trente cinq ans. Aujourd'hui, sa radicalité esthétique est toujours trés efficace comme la mise en scène nerveuse de George Miller.Par contre, le portrait de cette humanité déclinante choque moins puisque la violence, les bassesses de nos contemporains, cette quasi bestialité sur le retour s'invitent dans notre monde 2.0. Reste que le personnage de Mad Max a fait des petits comme Snake Plikssen ou le chauffeur de Drive, soit un personnage solitaire tentant de sauver ce qui peut l'être quand les salauds écrasent tout.
C'est également un plaisir de visionner le film avec du recul,un autre niveau de lecture. Voir par exemple des cochons en songeant que le réalisateur changera de braquet avec Babe des années aprés. Comprendre que ce petit animal rose avec ses excréments,rapport au besoin vital d'essence,à son caractère de monnaie d'échange sera à l'origine des ficelles scénaristiques du troisième opus avec Tina Turner.
Pour moi, le personnage le plus marquant de cette symphonie apocalyptique demeure le Feral Boy. Ce petit Mowgli muet et sale est aussi animal qu'expressif et résume la dichotomie du film à lui tout seul: à savoir qu'il y a encore une lueur d'espoir dans ce monde fatal.
Pour finir, j'établis pour une fois une passerelle avec la littérature de science-fiction en vous recommandant fortement la lecture des derniers hommes de Pierre Bordage car son anti-héros Solman pourrait être un descendant voir un frère spirituel de Mad Max. Le blouson de cuir et la bagnole bricolée en moins.