Paradoxes, névroses et tourments d’un lien mère/fille ravageur.

Peut-être peut – on reprocher au film une certaine redondance dans les scènes de séparations/ retrouvailles entre mère et fille. Néanmoins la reconstitution de l’époque, l’élégance du cadre et des costumes sont bien représentés sans qu’ils ne soient anachroniques …Une langue du XVIIe respectée à travers les passages des lettres entre Madame de Sévigné et sa fille. C’est aussi une représentation de ce siècle avec les salons littéraires et le début de l’émancipation des femmes à travers la littérature. La réalisatrice en donne un éclairage assez moderne, avec les questions contemporaines sur la place des femmes et le patriarcat. Paradoxes, névroses et tourments d’un lien mère/fille ravageur. En toile de fond de l’espace épistolaire, la dissection d’un amour obsédant. La réalisatrice s’est inspirée probablement du livre de Magdeleine Lessana « entre mère et fille : un ravage » ) pour dépeindre la relation entre la marquise et sa fille ( Mme De Grignan) Le Ravage selon la psychanalyste désigne une relation fusionnelle et parfois dévastatrice entre mère et fille . L’auteur nous invite à entrer dans le destin de couples mères-filles célèbres. Un des chapitres du livre est consacré à Me de Sévigné et la relation avec sa fille. Le témoignage de la mère est exprimé à travers sa correspondance et l’expérience de la fille lue par ricochet dans les lettres de la mère. Relation paradoxale d’une femme qui veut l’indépendance de sa fille tout en nouant une relation avec elle qui ressemble à de l’emprise. Un amour contaminé par l’exclusivité, la possession. Elles ne sont pas à la même place. La mère souffre d’une séparation, d’un manque terrible (elle est traversée par l’angoisse, la douleur, la dépression) et la fille qui aime sa mère, tente de s’échapper de cet amour étouffant Madame de Sévigné souffre d’une préoccupation obsédante pour sa fille, dont elle est comme rivée au corps, notamment au travers de ses grossesses répétées. Des angoisses qui témoignent aussi d’une épreuve de réalité insoutenable pour elle: la nature des liens qui attachent sa fille à son mari et dont la mère est exclue.

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le 11 juil. 2024

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