Comme une cassure irrémédiable, Sorogoyen débute son film, façon thriller.

Une mère espagnole installée en Espagne, reçoit un appel désespéré de son fils de 6 ans, parti en vacances avec son père, perdu sur une plage en France, dans le sud-ouest.

Il ne retrouve plus son père. L'a-t-il abandonné? L'a-t-il mal surveillé? S'est-il éloigné pour aller chercher à son fils des choses dans leur véhicule, comme le dit l'enfant à sa mère? Sans pour autant revenir..

Au bout du fil, c'est la panique. La mère tente d'interroger son fils, lui demande de lui indiquer des éléments susceptibles de devenir des indices nécessaires à sa localisation, depuis combien de temps son père s'est-il éloigné?, y-a-t-il un bar, des maisons, des gens autour de lui?, prête à se rendre en France au plus vite et ayant tenté de joindre un commissariat qui a l'air de ne pas la prendre au sérieux.

Le gamin explique à sa mère ne voir, que du sable d'un côté, des rochers de l'autre et la présence d'un homme assez proche, lui faisant des appels pour qu'il vienne à sa rencontre.

En 15 minutes, Sorogoyen, pose les bases d'un thriller et/ou fait divers qui nous interroge vraiment, la peur au ventre..

Que des questions sans réponses!

Puis le film tombe dans le drame, dix ans après ce fameux appel, Elena, vit non loin de la disparition de son fils, y travaille, mais semble "bloquée" à ce jour terrible, restée sans nouvelles depuis.

Entre son travail, dans un restaurant de plage, son nouveau compagnon trop souvent absent, Elena semble éteinte, vivant parce qu'il le faut bien.

Lorsqu'elle croit reconnaître son fils, devenu ado, âgé de 16 ans, elle noue une relation amicale avec lui. Il s'apelle Jean.

L'adolescent ressent l'intérêt qu'Elena lui porte et va tenter de la faire parler d'elle, sans succès..

Pour Elena, le téléphone portable reste un objet "douloureux", même si elle a accepté néanmoins que l'ado lui laisse son numéro sur un bout de papier.

Sorogoyen instille progressivement la complexité de cette amitié en apparence hors normes, pour les personnes qui ne connaissent pas le passé d'Elena.

Une sorte de malaise devient palpable.

Elena se comporte en personnage borderline, sort le soir, avec Jean et d'autres jeunes, sans pour autant perdre le fil de sa conduite.

La perte insurmontable refait surface au moment où Jean décide de faire un bain de minuit..Elle ne le voit plus, ne l'entend plus..

L'on sent bien que cette mère reste brisée.

Mais voilà que ces deux êtres savent qu'ils ne se verrront sans doute plus.

Ce n'est que lorsque son propre ami décide qu'ils doivent repartir à la frontière espagnole, que les parents du jeune Jean s'opposent à leur relation amicale, que Sorogoyen nous amène sur un "chemin" tortueux auquel on ne s'attend pas..

Cependant, un appel à l'aide par texto, de Jean, permet à Elena de "jouer" son "rôle de mère" et de retrouver peut-être un certain équilibre..

De nombreux plans rapprochés sur le visage d'Elena, "heureuse" de regarder son "fils" lors de ses activités de plage ou autres..

De magnifiques plans sur les plages et les puissantes vagues.





PassionArt7
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