Je commence mon exploration du cinéma indien. J'ai compris qu'il n'y a pas que Bollywood. Et j'avoue que par facilité, je tente cette approche par un réalisateur dont on parle de plus en plus en France, Rajamouli.
164 minutes se sont passées et j'avoue que je prends la même claque que lorsque je découvris tout jeunot le cinéma HK dans les années 90. La même fraîcheur. La même volonté du faire du cinéma, jusqu'au bout. Les méchants sont très méchants, ils sont moustachus et ricaneurs. Les héros et héroïnes sont des pures gravures de mode, on ne peut que tomber amoureux d'eux. Le scénario est simple : un jeune couple séparé par événements tragiques de leurs temps vont enfin vivre leur amour dans une nouvelle réincarnation. D'un point de vue hindouiste, cela se tient. Plus en tout cas que dans le Dracula de Coppola qui reprend la même trame, en la jouant sur une autre partition j'admets.
Le film est d'une virtuosité visuelle implacable. Il y a des plans qui vont rester coller dans ma rétine, comme la première fois que j'ai vu Hard boiled de John Woo. Il faut accepter des scènes irréelles. Mais bon, Chow Yun-Fat fait aussi des sauts de cabri en tirant 80 balles en une vingtaine de secondes sans recharger. Et les acteurs sont impressionnants. Non seulement ils jouent tous globalement bien, mais ce sont en plus des danseurs accomplis, voire qui sait des chanteurs ? J'ai cru comprendre qu'il y avait pas mal de playback dans leurs prestations et que certains sont doublés par de vrais chanteurs.
Modérons toutefois notre propos : certains FX ont mal vieilli. Mais je pense que l'intégralité du Marvel Universe va prendre une sale déculottée dans les années à venir. La sauce est rallongée, et le film pourrait faire une heure de moins sans soucis. J'ai pas encore la culture indienne pour apprécier les 5 ou 6 numéros de chant que j'ai vu, et certains m'ont paru bien long (la Suisse au secours ! D'où viens cette passion pour ce pays européen ?). Les musulmans sont clairement caricaturaux en vils et fourbes envahisseurs de la fière nation indienne.
Mais qu'est ce que cela fait du bien de prendre dans la gueule du cinéma décomplexée et qui veut simplement divertir, sans prendre son public pour des cons !