Ce film m'a laissée une impression mitigée de bon et de mauvais.
Le mauvais d'abord, histoire de s'en débarrasser : les acteurs jouent de manière étrange, en récitant leur texte d'un ton monocorde. Les coups de fouet sentent le chiqué et les injonctions à l'obéissance qui les accompagnent font sourire. La scène de la fessée dans le château est un peu frustrante, presque ridicule.
Pour le bon : c'est un film gonflé qui aborde le sujet du masochisme avec une vrai intelligence sans voyeurisme inutile et pourtant sans aucune concession. Certaines scènes dans le donjon font vraiment froid dans le dos, on se demande comment on peut en arriver là.
"Maîtresse" c'est aussi le contraire de "Histoire d'O" qui met en scène le fantasme masculin de la soumission d'une femme. Ici nous voyons le fantasme masculin d'être soumis à une femme. Néanmoins c'est le soumis qui dicte ses conditions. Nous avons une réflexion sur le sexe intellectualisé : comment arrive-t-on à la jouissance érotique sans passer par le plaisir conventionnel ? Qu'est-ce qui dans l'inconscient du soumis l'amène à sublimer une mise en scène kitch pour en faire l'aboutissement de son désir ? Que se passe-t-il quand l'imagination prend le pas sur la réalité ? A quel moment est-ce qu'on perd pied ? Qu'elle confiance faut-il accorder à l'autre pour la laisser jouer avec son fantasme sans le gâcher ?
Tous ces thèmes sont abordés dans ce film avec intelligence et précision. Peut-être cette précision nuit-elle à l'ensemble car on est parfois moins dans la fiction que dans le démonstratif. C'est peut-être pour cela que les personnages manquent de mystère au bout du compte. Le spectateur s'attache peu à ces gens improbables dans cette histoire sans rebondissements.