Dye (Fantasy), Trucker Delight, Lastman, Crisis Jung et maintenant Mars Express.
Jérémie Périn a une fucking filmographie.
Mais parlons de ce voyage sur Mars.
Je fais parti des chanceux à avoir backer le journal de bord. Je suis le projet depuis une bonne année maintenant. J'ai donc la hype depuis un moment.
Et donc :
1/ Ça fait p*tain de plaisir de voir un film original qui n'est l'adaptation de rien,
2/ Ça fait plaisir de voir un film qui a un bon scénario (coucou Disney 🙃),
3/ Ça fait plaisir de voir un dessin animé pour adulte,
4/ Ça fait plaisir de voire un cinéaste qu'on sait excellent confirmer encore une fois son talent,
5/ Ça fait plaisir de voir que ledit cinéaste est fidèle à son équipe (Laurent Sarfati, Mickael Robert…) et qu'elle donne le maximum pour un projet aussi casse-gueule.
La dose de plaisir provoquée par ce film est record en ce qui me concerne.
Moins fou que Lastman, plus sérieux mais pas sans humour, avec des personnages qui arrivent avec un bagage, une histoire qui servent le propos du film (mention spécial à Carlos dont le background est terrible), Mars Express est comme tout bon film de SF terriblement actuel.
La SF, c'est le genre idéal pour parler de nos problèmes du jour : économie et malversation, alcoolisme, racisme, complot… IL y a tout ça dans Mars Express et ça tient dans 1h30 générique inclus.
Sous couvert de projection dans un avenir pas si lointain, Jérémie Périn et Laurent Sarfati tissent une toile complexe sur le postulat d'une disparition dans un contexte tendu.
Ce niveau de qualité est trop rarement atteint. Il n'y a pas une seule décision prise dans ce film qui soit sans fondement. Tous les personnages ont leur place, les situations bien à leur place.
La conclusion, moment particulièrement critique propose un twist que j'ai trouvé décevant au départ. Mais son cynisme tellement actuel en fait une uppercut bien plus cuisant que mon estimation initiale :
Je voyais bien les nouvelles créatures organiques être à l'origine de la mise à jour pour expulser les machines, leur ancêtre en fin de compte. Mais le fait que ce soit un consortium d'entreprise dont le but n'est que le profit est bien plus trash : les créations des humains ne seront jamais que des produits à vendre pour mieux asservir les foules qui, dans un élan de soif de posséder, feront toujours le jeu des multinationales. Dégager leurs IA en récupérant leur corps, c'est tellement cynique et reflète bien le fonctionnement des puissants… Le choix conscient de l'ancien être humain Carlos qui préfère abandonner ce monde pour épouser un programme qui donne la foi à des machines, des IA, démontre l'échec de l'humanité.
Des fulgurances comme ça, il y en a quelques unes dans ce film.
Mais cette fin est bien partie pour être une des plus dingues que j'ai vu, tous médiums confondus.
Je ne souhaite plus qu'une chose : du succès pour ce film et qu'il engendre enfin tout ce qu'on attend depuis longtemps : des bons films de genre français, animés ou pas.