Le film de genre réussi enfin à se frayer un chemin dans le paysage cinématographique français. Et lorsque c'est un film de genre doublé d'un film d'animation, forcément, j'y vais en courant ! Seulement, grosse déception pour ce film, réalisé par Jérémie Périn et sorti tout récemment donc qui peine grandement à captiver son spectateur, ce qui est bien dommage sur pourtant seulement une heure et demie. Dans un futur dystopique où les humains et les robots se partagent la Terre et Mars, nous suivons une enquêtrice privée accompagnée de son collègue robot (anciennement humain) enquêter sur la mort d'une étudiante. Et le film démarre très bien, la scène d'introduction est prometteuse et nous met tout de suite dans l'ambiance : on n'est pas là pour rigoler. On repère d'ailleurs assez facilement les influences du réalisateur, si bien qu'elles viendraient presque par moments effacer l'identité du film, ce qui est d'autant plus dommage que ce dernier a, en dehors de ça, une véritable patte, tout d'abord visuelle. Effectivement, j'aime beaucoup cette animation épurée qui correspond finalement assez bien à cette vision du futur où tout est lisse, du moins en apparence. Seulement, plus le film avance, plus ce dernier perd en rythme et pas seulement dans son intrigue (qui peine quand même à avancer) mais également entre les répliques, dans les réactions des personnages etc. Tous les personnages semblent apathiques et manquent cruellement de dynamisme. Cela vient également de leur interprétation qui, en dehors de Daniel Njo Lobé, peine énormément à convaincre (notamment Léa Drucker qui n'habite jamais son personnage). Puis nous avons tous les poncifs du polar, notamment l'alcoolisme du personnage principal, le passé trouble de son collègue, cette histoire de drogue, les grands manitous véreux etc., enfin le film donne cette impression de se perdre dans les sujets qu'il aborde et qu'il ne fait finalement qu’effleurer. La fin est quant à elle tout aussi bordélique que poétique. "Mars Express" possède donc de réelles bonnes idées mais noyées dans un trop plein de références et surtout dans un rythme beaucoup trop mou.