Pour son premier long-métrage, Jérémie Périn met les petits plats dans les grands et offre l'un des films d'animation les plus stimulants de ces dernières années. Ce qui n'était pas donné avec la foule de références peuplant le genre cyberpunk. On peut donc se féliciter de voir un français tenter l'approche sans avoir froid aux yeux. Et le plus beau, c'est que si Mars Express joue les variations sur les mêmes thématiques que ses ainés, il se révèle plus ambitieux dans sa manière de les reformuler. Sachant que le métavers ou l'IA font partie des grands sujets d'actualité, la vision futuriste de Périn et Laurent Sarfati n'a rien de fantasque. L'univers fourmille de petites idées prospectives (conversations et messagerie télépathiques, duplication et transfert de mémoire,...) tout à fait remarquables et un peu effrayantes. Mars Express se repose également sur une esthétique simple et "réaliste" facilitant l'immersion de son spectateur. On déambule avec tant de plaisir dans les méandres de Noctis (la ville imaginaire située sur la planète rouge) réunissant de belles influences comme Spielberg, Cameron, Verhoeven, Ridley Scott, Ghost in the Shell et Satoshi Kon qu'on peut perdre un peu de vue le fil rouge de ce polar S.F. Une faiblesse mais également à prendre comme un compliment donc. Il en mérite pas mal, ce film d'animation bien de chez nous.