Mars Express permet de mettre en lumière l’art de l’animation française. Loin des Pixar et Disney, cette production hexagonale propose un graphisme tout autre. Jérémie Périn a choisi un style très sobre, on pourrait même dire épurer. C'est très agréable sur la forme. Sur le fond, cela envoie aussi un message. La limite entre l'homme et la machine est très fine grâce à cette neutralité.
L’univers futuriste aussi est une des forces indéniables de ce film. Il est suffisamment connecté à notre époque pour avoir une totale immersion. On peut véritablement se projeter dans cette année 2200.
La trame scénaristique s’appuie sur les injonctions cybernétiques tirées du Cycle des Robots d’Isaac Asimov. Celles-ci empêchent par exemple à un robot de porter atteinte à un être humain. Une thématique qui résonne dans notre réalité actuelle avec la monté en puissance de l’Intelligence Artificielle. L’exploitation du sujet est profonde, car on cherche à comprendre la raison de la dérive. On ne peut s’empêcher de voir à travers Mars Express une alternative à un futur si on ne réagit pas.
En plus de cela, il y a un travail très prononcé sur les personnages, notamment la détective Aline. Elle se rend bien compte de la nécessité d’avoir des limites claires. Sa détermination donne de la vigueur au récit. Il est important de souligner que les robots aussi sont exploré avec l’androïde accompagnant Aline. On ira même jusqu'à jeter un coup d'œil à sa vie privée pour l’humaniser.
Pour ne pas bouder notre plaisir, il y a aussi des parties d’action extrêmement bien faite. Elles donnent une énergie considérable.
Ce punch est la cerise sur le gâteau d’un film à ne pas manquer.