Dès l'entame, on ne sait pas vraiment qui sont les méchants et qui sont les gentils, et il en sera ainsi jusqu'au bout. Mars Express est un polar complexe, se déroulant dans un univers SF complexe avec des personnages complexes. Une bonne chose, a priori. Mais le film aurait gagné selon moi à se montrer plus direct, plus simple, même s'il ne dure qu'1h30. Une sombre histoire de puce implantée dans un robot, impliquant des étudiantes dupliquées, des "augmentés" trop bavards et d'autres robots apparemment morts mais encore vivants.
D'habitude je salue les intrigues et les univers qui savent se poser à travers des non-dits, qui impliquent le spectateur sans le prendre pour un imbécile. Mais là j'ai sincèrement eu du mal à suivre l'enquête et les codes de l'univers imaginé me sont restés trop longtemps trop obscurs. Ca se simplifie vers la fin, mais au point où on se demande s'il était vraiment nécessaire de passer par tous ces méandres scénaristiques.
Le sous-texte politique ne m'a pas non plus convaincu : la rébellion des opprimés pilotée par une caste d'actionnaires cachés ? Sérieusement ? Donc en gros, si le peuple se soulève, ici les robots, c'est pour servir les intérêts des capitalistes puisque c'est une façon de s'autodétruire ?
Reste un monde qui claque visuellement (l'élégance du rouge de la planète mars, le kitsch moderniste du dôme), l'atmosphère est digne d'un très bon film SF, et l'animation est remarquable.