Mata
5.7
Mata

Film de Rachel Lang (2026)

Un thriller qui filme l'impuissance plutôt que l'action — et qui, dans cet écart, trouve sa vérité.

Il y a un cinéma d'espionnage qui veut tout expliquer. Mata fait le choix inverse, et c'est précisément ce qui en fait un film à part.

Rachel Lang ne cherche pas à élucider, mais à immerger. Le film se place du côté de l'impuissance — cette incapacité à se saisir du réel quand tout semble organisé pour vous échapper. Les codes du genre sont là (cloisonnement, identités de couverture, solitude des agents de terrain) mais ils servent surtout à raconter quelque chose de plus intime : ce moment où manipulation et vérité deviennent indiscernables, où l'on glisse vers l'impossibilité de faire confiance à quiconque.

Mata ne tient peut-être pas totalement la promesse de son affiche — et cet écart est précisément le sujet. La frustration qu'on ressent est celle de l'héroïne ; c'est là que se loge l'émotion du film.

Eye Haïdara porte le film avec une force rare. Raphaël Personnaz, Joséphine Japy et Hakim Jemili (inattendu dans ce registre) complètent un casting au diapason.

Bernard-Rieux
10
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le 15 juin 2026

Critique lue 4 fois

Bernard-Rieux

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