Sorti en 2022 et coréalisé par Toby Genkel et Florian Westermann, Maurice le chat fabuleux adapte le roman de Terry Pratchett Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, publié en 2001. Cette comédie fantastique germano-britannique suit Maurice, un chat roux rusé, et une bande de rats parlants qui montent une arnaque dans les villages, jusqu’au jour où leur combine les mène à Bad Blintz, une ville frappée par la famine et hantée par une mystérieuse menace. Entre humour, aventure et références aux contes traditionnels, le récit tente de séduire un large public familial.
Le film se démarque par quelques idées originales, notamment la présence de plusieurs narrateurs directement impliqués dans l’action et le mélange assumé d’éléments empruntés aux contes classiques et à des inspirations plus contemporaines. Certains dialogues font mouche et l’univers conserve un ton ludique, agrémenté de touches méta.
L’animation, sans atteindre des sommets, reste solide et fluide, offrant un rendu visuel agréable et une mise en scène lisible. L’ensemble conserve une allure soignée, portée par une palette colorée qui correspond à son ambition familiale.
La construction narrative manque de cohérence et donne l’impression d’un assemblage hétéroclite, où chaque idée s’ajoute sans réelle harmonisation. Le mélange d’animaux aux comportements réalistes et d’autres dotés de pouvoirs ou d’une intelligence humaine brouille la logique interne. Le duo humain peine à justifier sa place dans l’histoire et Maurice, pourtant personnage-titre, ne trouve son rôle de héros que trop tardivement. Ce désordre structurel affaiblit l’impact global, donnant la sensation d’un pot-pourri d’éléments destinés à plaire au public, mais sans unité forte.
Œuvre familiale modeste, Maurice le chat fabuleux parvient à divertir grâce à son humour, ses références et une animation correcte, mais échoue à imposer une véritable identité. Si le film reste agréable à regarder, son manque de cohésion narrative et son excès de pistes alourdissent inutilement la proposition.