On cherchait la série télé éponyme des années 70 et on est tombé sur le film d'André Hugon sorti en 1932, adaptation d'un roman de Jean Aicard qui décrit les aventures d'un braconnier rustique, Maurin, qui tient la dragée haute aux gendarmes …
En plus, Maurin, véritable bourreau des cœurs, et le gendarme Sandri, rigide comme un règlement, sont amoureux de la même femme, Tonia … Alors !
Il est certain qu'il ne faut pas voir le film avec presqu'un siècle de cinéma dans le ventre. Là, manifestement on sort du muet, on est clairement dans le vaudeville au milieu de la Provence, dans le massif des Maures (forcément !), où le soleil règne en maître (déjà !), où les forêts flambent (déjà !) et où l'accent méridional laisse penser que rien n'est vraiment sérieux et que tout peut se résoudre dans un grand rire. Même les bagarres, histoire d'occuper les gendarmes, sont pour rire.
Mais je reste épaté par le savoir-faire du cinéaste Hugon, que je découvre ici, qui a beaucoup œuvré dans le muet mais qui a réalisé une bonne trentaine de long métrages parlants. Sa mise en scène dans le village ou dans la garrigue est très dynamique et efficace pour suivre les aventures (bondissantes) de ce Maurin ou pour filmer l'incendie de la forêt. Autre chose qui m'a surpris, c'est d'y voir, en 1932, une femme complètement nue, en train de prendre son bain et, accessoirement, tomber dans les bras de Maurin …
Film, ma foi, divertissant où les acteurs Antonin Berval (Maurin) et Jean Aquistapace (son copain Pastouré) chantent à tue-tête leur bonheur de vivre et leur liberté