Medellín, c’est pas un film, c’est un produit marketing déguisé en film d’action, pondu par des mecs qui confondent charisme avec lunettes de soleil et mise en scène avec travelling drone low cost. T’as Gastambide, qui croit encore qu’il est un caïd alors qu’il a la dégaine d’un agent immobilier qui s’est acheté un holster sur Vinted. T’as Ramzy qui vient cachetonner, avec l’énergie d’un oncle bourré en fin de mariage, le genre qui croit encore qu’il est drôle juste parce qu’il est là.
Les mecs vont en Colombie pour "sauver un frère", mais ce qu’ils sauvent surtout, c’est aucune scène, aucune punchline, aucun rythme. On dirait un mélange bâtard entre un clip Booba époque 2012, une pub Redbull mal jouée, et un tutoriel YouTube sur comment rater un film.
Et ce décor, Medellín, la ville mythique de la violence, de la poudre, de la vraie sauvagerie… ils en font quoi ? Un terrain de jeu pour trois glands qui simulent le virilisme en décalage horaire. Aucun enjeu. Aucun réel danger. Même les narcos dans le film ont l’air plus fatigués que dangereux. C’est pas Medellín, c’est Montreuil avec des palmiers.
L’humour ? Parlons-en. Aucun timing. Aucune tension. Aucun respect pour l’intelligence du spectateur. Des blagues de niveau “pipi-caca mais avec des flingues”, des dialogues écrits avec le pied gauche d’un community manager en burn-out. Tu passes ton temps à attendre un moment où tu vas sourire, tu finis par te demander si t’es pas en train de regarder un vieux sketch de Comédie+ tourné sous ecstasy.
Et à la fin, bien sûr, ils veulent mettre de l’émotion. Parce que t’as vu, hein, ils ont un cœur, ils sont loyaux, c’est la famille. Frérot, t’as passé une heure trente à me gifler avec du néant, tu vas pas me faire pleurer avec trois plans sur une amitié d’abrutis pseudo-sensibles en survêt’.
Ce film, c’est pas du cinéma. C’est un ego-trip raté, un film d’action pour les mecs qui pensent que porter une banane Lacoste en diagonale, c’est être dangereux. Ça parle de virilité, mais c’est vide de toute vraie violence, de tout vrai choix moral. C’est une carcasse pleine de vent, emballée dans un filtre orange "ambiance cartel", sans âme, sans force, sans couilles.
Tu veux faire un film de bonhomme ? Regarde Heat. Tu veux faire un film de narcos ? Regarde Sicario. Tu veux rire ? Regarde ton reflet après avoir maté Medellín, parce que là, tu pleures.
Note mentale : Si tu croises Gastambide avec une caméra, cours.
Et si Ramzy dit oui à un projet, change de trottoir.