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Jean-Claude Brisseau tourne Médiumnité en 1978 - la même année que le superbe La Vie comme ça, magnifique chronique sociale sur fond de suicide et de harcèlement professionnel : une fable modeste au bavardage beau et souvent passionnant, fable à travers laquelle Brisseau se met lui-même en scène dans le rôle d'un professeur des écoles plaçant le récit sous le signe du ludisme pédagogique et du relativisme de l'existence.
Le film séduit par sa forme abrupte, mal taillée mais profondément personnelle. On trouve dans ce deuxième long métrage bon nombre des figures jalonnant le cinéma de Brisseau de part et d'autre : nudité des corps féminins comme autant d'apparitions fantasmagoriques, interrogations sur la sensibilité sociale suburbaine, goût prononcé pour les institutions scolaires et l'apprentissage... Un cinéma techniquement économe mais puissamment littéraire, formé de petites saynètes de la vie quotidienne au coeur desquelles le mysticisme s'infiltre et s'invite avec une belle incongruité.
Médiumnité - en bon film verbal et réflexif - s'écoute autant qu'il se regarde, formé de longues plages discursives formidablement digestes car liées à une interprétation dramatique naturelle et spontanée. L'usage de Brisseau du format Super 8 - élégant crincrin visuel - est à l'image de son cinéma : granuleux mais serti de saillies délectables, au diapason des fulgurances tombant d'ici, de partout et de nulle part...
Tout le travail d'écriture et de forme de Jean-Claude Brisseau réside d'ores et déjà dans Médiumnité : un film intemporel et universel à exhumer de l'oubli. Définitivement.
Créée
le 5 nov. 2019
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