Ce dernier film de Coppola a plein de défauts. 3 majeurs :
1/ son montage macro abrupt laisse présumer que les trouées de scénario sont moins des choix disruptifs que des cache-misères de défauts budgétaires
2/ engorgé par son budget colossal, piloté par Coppola lui-même, le film a tendance à se gargariser sans garde-fou
3/ la place de Shia LaBeouf dans l'industrie hollywoodienne reste un mystère total, d'autant plus avec ce film, d'autant plus en voyant le making-of Megadoc.
Ceci étant, la virtuosité de la mise en scène montre un Coppola à la fois au sommet de son esthétique (jusqu'à l'ubris artistique et au risque du pensum) et pleinement reconnecté avec l'esprit Corman d'inventivités et d'artisanats fourmillants, d'où il provient depuis Dementia 13 (1963).
Tandis que son premier long, officiel, invoquait le Murnau de Sunrise (dans le meurtre inaugural sur une barque) ce dernier naturellement, depuis son titre jusqu'à son plan final, évoque le Lang de Metropolis. Comme un retour éternel d'un cinéaste de 85 ans sur les origines de son propre cinéma.