Je viens de voir ce film, sans avoir regardé les critiques auparavant.
Je suis venu lire un peu les commentaires sur ce site, que j'aime bien, et ai décidé cette fois ci de m'inscrire, pour partager à mon tour. Eh oui ... c'est croustillant de venir prendre la température des fragments de chacun chacune :)
Cette critique n'est pas définitive : je dois le revoir, en étant un peu moins spectateur, et faire prendre tout à fait chair mes captations. Je reviendrai donc compléter ces impressions premières.
Au sortir du visionnage, j'étais dans un autre espace temps, prenant place autant dans l'histoire que dans le futur ... passé. Ce film a joliment distendu mon esprit.
Son esthétique est complexe, empruntant à pas mal d'ages différents, et les mêlant sans arrêt.
C'est une fresque graphique.
Je ressens cela aussi dans le propos, les nombreux propos du film : il fait cohabiter premier et second degré dans une sorte de magie assez reposante. S'ajoute un 3ème degré : l'autodérision.
Ce 3ème degré est à mon sens ce qui permet de coller à une possible ambition de ne pas pouvoir dater l'esprit de ce film.
Il m'a permis de couper avec le présent, et de monter à bord de la montgolfière en partance.
De là, j'ai eu une vue assez holistique sur ce qui peut animer les mouvements de l'être humain,
Une vue de nos contradictions, déséquilibres patents. Travers d'époques. Tentatives de fendre les grilles pour les uns, ou de les forger pour d'autres. Résignation pour une poignée.
Merveilles et misères si tenaces, un brin ... sempiternelles. Une vue ceci dit assez bienveillante, sur nos gesticulations redondantes, et qui reviennent quelque soit l'époque invoquée.
L'incohérence est dépeinte aussi, et plusieurs petites intrigues tombent d'elles mêmes dans leur vacuité, à mon sens. A croire qu'elles n'ont pas de logique, voire de place dans le tissu du film. C'est volontaire, dans mon idée.
La fin m'a ramené à celle du Dictateur de Chaplin et son discours.
La montgolfière rejoint alors le sol. Il y a des grilles autour. Et nous, derrière ou devant. Puis la nature, est la dernière invoquée.
Le film est une multiple fresque, riche et soignée. Le propos est philosophique. Le temps avec sa valeur, sa définition, sa réalité, son sens, est omniprésent. Qu'en fait l'espèce humaine au juste ?
Créativité, développement politique, rêves : trois blocs personnifiés dont les accointances méritent une seconde vue, tout comme les traitements de la morale et de l'étique.
Pour le moment, c'est un 8 de mon côté, car la montgolfière est montée haut.