Octobre 2000.
Christopher Nolan...
Qui est-ce ?
Ah oui, celui qui a réalisé Following, sorti en catimini sur nos écrans moins d'un an avant, mais dont nous avons entendu parler dans l'émission Allons au cinéma ce week-end, sur Canal +, présentée par Isabelle Giordano.
Rares sont ceux ayant eu l'opportunité et le privilège d'aller le voir en salles.
C'est dommage, ça avait l'air intéressant.
Comment ?!?!
Ce monsieur sort un nouveau film ?
Memento ?
Avec Carrie-Ann Moss et Joe Pantoliano, tout juste sortis de la Matrice, et Guy Pearce?
Très bien, allons le voir sans tarder, puisque le cinéma du coin daigne bien vouloir le diffuser !
Cette longue introduction pour souligner qu'à l'époque, Christopher Nolan n'était pas encore ce qu'il est, et que je suis allé voir Memento avec en tête seulement une ligne de résumé.
La surprise du concept ne fut que plus grande.
Le plaisir de découverte décuplé.
L'adaptation au principe un peu plus longue.
Tout le monde sait maintenant que le montage de Memento est inversé.
Mais moi en allant le voir, je ne le savais pas.
C'est pourquoi cette séance m'a particulièrement marqué.
Et à chaque fois que je le revois, je garde en tête les sensations ressenties lors de ces instants mémorables.
Mémorable. Un terme en opposition avec la thématique du film. Et pourtant, c'est ce qu'il est : mémorable.
Je n'oublierai jamais les derniers/premiers instants du/de film/l'intrigue, jusqu'au générique de fin, où je me suis dit: ouaaaaaaaah ! Non mais c'est fou !
Qu'est ce que c'était que ça ?
Incroyable !
Bref, j'étais stupéfait.
Et c'est exactement ça que je cherche au cinéma.
Pas forcément une analyse froide de tous les aspects artistiques et techniques d'une œuvre.
Juste me prendre une claque, avoir un ressenti extrêmement positif, prendre du plaisir.
Je laisse aux autres les analyses, je garde pour moi le ressenti.
J'ai été scotché au fauteuil du début à la fin, de la fin au début.
Une intrigue simple est devenue palpitante par une simple variation du montage.
Ça aurait pu être confus, mais c'est limpide, malgré quelques zones d'ombres, volontaires, devenues assez récurrentes dans les films de Nolan depuis, celui-ci aimant laisser libre le spectateur avoir ses propres interprétations.
C'est dire si l'écriture et la narration sont réussies.
Et dire que le jour de sa sortie, j'ai préféré aller voir Urban Legend 2 (sorti le même jour)... J'en reviens toujours pas. Heureusement, j'ai rectifié le tir le lendemain !
Memento est à mes yeux une merveille. Un moment mémorable. Un souvenir resplendissant.