Je suis allée à cette séance sans de trop grandes attentes. Je ne connaissais presque rien du synopsis et n'avais jamais vu un projet du réalisateur mais laissez moi vous dire que ce fût une bonne surprise.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le film au début, le trouvant assez lent, cliché du film indépendant mélancolique avec une intrigue qui prend un peu de temps à se mettre en place. Mais c'est là d'où vient la particularité du film : on comprend que Sylvia a subi un fait marquant qui traduirait sa dépression aujourd'hui mais sans trop savoir ce qu'il s'est vraiment passé.
Puis plus le film avance, plus on comprends ce qu'il s'est passé notamment à travers sa relation avec sa fille (qu'elle interdit de sortir en soirée ou avec des garçons), sa mère, sa soeur et puis enfin sa rencontre avec Saul. On décèle des indices au fur et à mesure de l'histoire pour enfin le coup de tonnerre qui nous révèle la raison de son mal-être - la scène de dispute entre Silvia, la mère, la soeur, la fille et Saul et le mari de la soeur en arrière plan. Cette scène m'a boulvérsée car elle témoigne de manière très juste ce ras-le-bol face au discours de sourd (ici de la mère), la colère qui grogne en nous lorsque l'on nie notre vérité.
C'est délicat, c'est doux, nous faisant ressentir la relation de Sylvia et Saul comme une pommade faisant effet sur leurs coeurs et âmes torturés dont le destin les a lié.