Le moins que l’on puisse dire, c’est que Men possède un récit radical. Il nous propose de suivre une jeune femme en retraite dans un petit village anglais et en proie à des hommes ayant tous la même apparence, chacun représentant une forme d’agression ( que ce soit physique ou verbale). À travers ce choix narratif, le réalisateur Alex Garland tient à montrer que la violence est propre à chaque homme, et ce depuis la nuit des temps, en atteste la présence dans le film d’un homme vert que l’on appelle dans le folklore anglais, The Green Man.


Au niveau historique, l’Homme Vert était une déité appartenant aux religions païennes antérieures à la christianisation des terres britanniques. On retrouve d’ailleurs souvent sur les murs de vieilles églises anglaises des représentations de cet homme. Les historiens ne savent dire avec précision quel fut son rôle exact dans ces religions mais il était sans doute considéré comme un dieu de la fertilité.


Dans Men, ce personnage mythique apparait dans une forêt sauvage, berceau de l’humanité et d’un paganisme terrestre qui a été chassé de notre société moderne. Présence inquiétante durant tout le film, l’homme vert démontre tous ses pouvoirs vers la fin de l’intrigue. Dieu de la fertilité, il se reproduit lui-même dans la souffrance grâce à l’aide d’une déesse.


Ce mode de fertilité et de reproduction, basé sur la renaissance éternelle de l’homme et de ses péchés, est à l’image de celui des dieux masculins de certaines religions païennes, dont la Wicca qui est l’une des plus actives encore à ce jour. Dans cette dernière, on croit qu’en hiver la déesse accouche d’un dieu (le jour du Yule). Celui-ci grandit durant le printemps et, une fois arrivé à l’âge adulte, il féconde la déesse (jour de Beltane). Il meurt ensuite en automne (jour du Samhain), ce qui n’est pas grave car la déesse accouchera de son fils en hiver pour perpétuer le cycle éternel.


Men reproduit le même schéma dans son intrigue avec son héroïne éternelle qui doit affronter plusieurs hommes qui se suivent mais se ressemblent tous.

Un habile mélange entre horreur psychologique et folk horror.

Créée

le 18 mai 2023

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Watchsky

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