En fait je savais pas trop quelle note donner parce qu'il y a un truc qui me gêne fort, à posteriori et en même temps, ça me semble dingue dans le bon sens du terme, ce qu'iels ont fait. Alors même si y'a plein de trucs critiquables : je pense qu'il faut le voir. Ne fut-ce que pour le plaisir de l'arnaque, le scandale, les bonnes nouvelles, les libertés journalistiques qui font narration.
Je vais pas trop vous raconter l'histoire ça sert à rien. En gros, le journaliste François Ruffin décide de faire un docu satyrique sur Bernard Arnault, un des mecs les plus riches de france qui a foutu des tas de gens à la porte pour favoriser ses entreprises du luxe et délocaliser le tout. Pendant l'enquête Ruffin fait semblant d'adorer l'enflure milliardaire, tout est estampillé I LOVE BERNARD, le t-shirt, la casquette, la bagnole, et moi ça me fait rire. Bon il se passe des trucs, et à un moment on rencontre une famille vraiment particulièrement dans la merde, genre ils mangent plus et vont perdre leur maison, genre y'a plus d'issue, genre purée ça m'a bien rappelé comme j'étais bien privilégiée, ça m'a serré le cœur et le bide, genre ça peut pas finir bien. Là Ruffin propose un pari fou pour gratter les thunes à Bernard, et menace de faire intervenir la presse (Ruffin a fondé Fakir, journal bien de gauche qui semble bien leur faire peur). Bref, le truc grossit, ça devient l'arnaque du siècle, et c'est jouissif. Je veux dire, ça mérite vraiment d'être vu. C'est gros comme le château du PDG, et ça fonctionne. Et nous on est témoins des petitesses, des menaces, du classisme, de l'immense machine qui broie, de l'argent et du pouvoir. Et on est aussi témoin de la petite maison dans la prairie et des barbecues.
Le truc qui me gêne c'est que Ruffin se compare à robin des bois. Qu'il se met fort en avant, en fait. Lui et son journal, qu'il aime insister sur le fait que c'est Fakir qui fout les jetons aux grands méchants, qu'il est important, lui, Ruffin. Bon. N'empêche que l'histoire est belle. N'empêche que y'a une maison en moins de cramée en France. N'empêche que se rappeler que le pouvoir, c'est pas toujours ce qu'on pense, ça fait du bien. N'empêche que ça donne envie de tout tenter. N'empêche que j'y pense pas mal depuis hier soir.