Sous un soleil écrasant, Las Palmas est quasiment vide et les palmiers ont une couleur vaguement psychédélique. Pour vivre enfin, et se défaire du sentiment de superficialité de ce parc d’attractions pour touristes, tout le monde semble attendre la nuit et le set de Romy (Pom Klementieff) pendant lequel son amie Chloé disparaît. Le film semble alors prendre une tournure de trip anxiogène où la BO électro omniprésente d’Irène Drésel et Sizo Del Givry agit comme un reflet permanent des émotions de la DJ. La chambre d’hôtel cesse alors d’être un refuge et notre personnage bascule peu à peu dans un dénuement matériel et relationnel qui aurait pu être intéressant si Guillaume Nicloux avait su sortir de son scénario à grosses ficelles. Bien que l’on se pique d’affections pour le duo que forme Romy et Vincent (Benoît Magimel), le propriétaire interlope du nightclub, la seconde partie du film est une série d’occasions manquées de surprendre ou d’effrayer le spectateur, de le sortir de l'enjeu de l’enquête pour l’emmener vers une marginalité nocturne beaucoup plus déstabilisante. Nos impressions de départ seront ainsi progressivement confirmées par un final qui peine à se défaire des mécaniques lourdingues des thrillers les plus banals.